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Tea Time ~ pv Dimitri Orelov

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Clara Von Oberbayern

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MessageSujet: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Dim 22 Sep - 14:30
Clara s’arrêta devant l’une des fenêtres du petit salon où on l’avait convié pour le thé de 16 heures. Il pleuvait des cordes. La pluie battait la vitre brouillant le monde extérieur dans un mélange de couleurs ternes et sombres. Seul le ciel couleur gris plomb restait identifiable. De fait, dès le lendemain de son arrivée, il avait pris cette teinte et ne semblait pas près de s’en départir, au plus grand regret de la Duchesse. Voilà quatre jours qu’elle était confinée à l’intérieur. Heureusement, elle s’habituait peu à peu à son nouvel environnement en prenant le rythme de vie de ses habitants. La vie ici était très différente de celle qu’elle a toujours connue au domaine. Il y a tellement de personnes vivant ici. Chaque jour, elle voit de nouveaux visages, que ce soit des domestiques chargés de veiller à son bien-être ou des courtisans venus se pavaner à la cour. C’est un véritable tourbillon, semblable aux soirées mondaines que sa famille donnait, mais sans en être une. C’était simplement la vie quotidienne du château! Clara n’osait même pas imaginer à quoi pouvaient ressembler les soirs de bal.

Clara s’éloigna de la fenêtre, l’humidité ambiante la glaçant jusqu’aux os. Dans un palais aussi vaste, il est difficile de garder une température confortable. Elle retourna vers la cheminée où brulait un agréable feu de foyer et de son thé encore fumant qu’on venait de lui apporter. Clara n’avait jamais bu autant de thé depuis qu’elle était en Angleterre. C’est drôle cette habitude qu’ont les Anglais de tout arrêter vers la fin de l’après-midi pour savourer une tasse de thé accompagnée de petites douceurs. Un plateau débordant de sablés attendait qu’on lui fasse honneur. Elle n’hésita pas un seul instant et en attrapa un entre le pouce et son index pour le porter à sa bouche. C’était un véritable délice. On l’avait probablement préparé le jour même. C’était bien une chose qu’elle ne pouvait nier : ici, on mangeait bien.

Alors qu’elle s’attaquait à un second sablé, elle pensa au géant espagnol qu’elle avait rencontré le jour de son arrivée au palais. Clara n’avait jamais vu un homme aussi grand dans sa vie. Il dépassait largement en grandeur tous les habitants du château. À côté de lui, elle se sentait aussi fragile et démunie qu’une enfant. Évidemment, elle n’avait pas pu s’empêcher d’agir comme une idiote maladroite en trébuchant sur ses propres valises et en atterrissant dans ses bras. Ses parents l’avaient éloigné pour qu’elle puisse se défaire de cette réputation qui lui collait à la peau et trouver un homme bien qui verrait au-delà de sa timidité maladive et de sa maladresse, mais elle avait l’impression que c’était peine perdue.

La duchesse se laissa tomber dans l’un des fauteuils et regarda sa tasse de thé. Ironiquement, elle n’aimait pas tellement le thé. Elle aurait largement préféré un bon vin chaud bien épicé pour combattre l’humidité ambiante. Malheureusement, ça ne semble pas être parmi les habitudes de consommation du royaume. La duchesse ramena son châle sur ses épaules avant de prendre sa tasse de thé et d’y tremper les lèvres. Elle avait promis à son père de lui envoyer une lettre pour lui raconter ses premiers jours à la cour, mais sincèrement, Clara ne savait pas trop quoi lui raconter. Elle n’avait pas vu le roi et ce n’était pas un mal compte tenu des rumeurs qu’elle entendait sur lui depuis son arrivée à Londres et le reste de la cour semblait plus ou moins l’ignorer. Pour plusieurs, elle n’était qu’une campagnarde de plus avec un titre. Encore une fois, ce n’était pas vraiment pour lui déplaire si on la laissait en paix. Elle soupira, posant la tasse de thé à peine entamée. Elle se demandait si quelqu’un allait se joindre à elle pour le thé ou si elle serait encore seule. Malgré ce qu’elle pouvait dire, Clara aimait bien avoir un peu de compagnies à l’occasion…
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Dimitri Orelov

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MessageSujet: Re: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Dim 22 Sep - 16:32
Seize heures sonnaient. Il était temps pour lui de se diriger tranquillement vers l'un des petits salons où comme tous les jours était servi le thé. Rebutés par l'atmosphère humide et glaciale des derniers jours, les courtisans ne se risquaient pas à s'aventurer à l'extérieur pour se rendre chez telle ou telle connaissance pour discuter affaires, potins ou politique autour d'une tasse de thé comme la plupart avaient coutume de faire. C'est pourquoi les petits salons étaient pris d'assaut par des nobles souhaitant ne pas interrompre leurs petites habitudes, en continuant de se retrouver autour de cette fameuse tasse de thé. Comme Dimitri l'avait rapidement remarqué après son arrivée, ce moment de la journée était quasiment sacré pour tous les membres de la cour d'Angleterre, du moins en ce qui concernait les Anglais pure souche. Le manquer équivalait sans aucun doute à ne pas se présenter à l'office du dimanche. Un véritable scandale social.

Cette coutume, pour le moins étrange aux yeux d'un Russe, associée au mauvais temps, faisait ses affaires. En effet, il profitait ainsi d'une concentration de nobles prêts à diffuser de nombreuses informations dont certaines lui seraient potentiellement utiles. Il lui suffisait d'entrer en relation avec quelques connaissances croisées au détour d'un couloir, de prêter une oreille attentive et compatissante à de vielles duchesses, de feindre s'extasier sur une nouvelle naissance d'un lointain cousin vivant à la campagne... Pour ensuite pouvoir innocemment poser les bonnes questions aux moments intéressants de la conversation.

Entrant d'un pas vif dans la suite des petits salons, Dimitri ne prit même pas la peine de s'attarder dans le premier pour y chercher une place, il était évident qu'il n'y en avait aucune. Il ne prêta pas non plus attention aux multiples regards posés sur lui. Les courtisans étaient certainement étonnés par l’extravagance de son chapeau. Celui-ci était en feutre, d'un rouge bordeaux, orné de fils d'or sur les bords et une plume blanche se dressait sur le côté droit du couvre-chef. Pour ne pas avoir l'air d'être plus riche ou plus important que ce qu'il n'était, Dimitri adoptait généralement une tenue assez simple sur laquelle venait contraster un accessoire original, en l’occurrence ici son chapeau. L'objectif étant de pouvoir tout de même être remarqué sans trop en faire. Une méthode qui avait obtenu jusqu'ici d'assez bons résultats. Le deuxième petit salon paraissait tout aussi encombré que le premier et il n'y avait là aucun visage familier. Parvenu au troisième salon, il sut d'instinct qu'il s'installerait là. Il tomba alors sur l'une de ces vielles duchesses de sa connaissance qui savent si bien mener une conversation seule, pourvu qu'une âme charitable veuille bien faire l'effort de les écouter raconter leur vie, qui était le plus souvent à mourir d'ennui. La saluant poliment, il pressentait déjà que la vielle noble l'avait élu comme confident de ses potins sans intérêt. En quête d'un échappatoire, il chercha dans le salon une personne susceptible de reconnaître. Il n'en vit aucune, mais beaucoup plus intéressant, il remarqua une jeune femme dont le visage lui était inconnu. Attablée seule, les yeux dans le vague, il lui semblait qu'un peu de compagnie ne pourrait pas lui faire de mal. D'ailleurs, que faisait une si jolie enfant seule ? S'excusant auprès de la duchesse, il se dirigea vers la jeune femme, un nouvel éclat d'intérêt brillant dans ses yeux.

Avant de trop s'avancer vers elle, le jeune homme chercha à capter son regard. Il déplaça alors intentionnellement une chaise qui se trouvait sur son chemin. Le bruit sembla ramener la jeune noble à la réalité. Il put alors détailler plus précisément cette charmante inconnue. Si les traits étaient encore juvéniles, le reste de sa personne respirait la féminité et la noblesse. Ce qui le frappa le plus, c'était certainement ses yeux, d'une couleur ambrée, perçants, comme si elle pouvait voir au-delà des apparences physiques et sonder les âmes des personnes qui croisaient son regard.

Sans laisser rien paraître de son trouble, Dimitri continua à avancer, lentement, d'un air sûr de lui.
«Puis-je m'inviter à votre table pour partager un thé ?» Sans aucun doute, sa prononciation indiquerait à la demoiselle ses origines russes. «Vous semblez manquer de compagnie si je puis me permettre», ajouta-t-il. Cette remarque très osée, presque impolie, avait pour but de tester le caractère de la jeune femme. Au moins, il serait tout de suite fixé.
«Mais un si joli visage me fait oublier la politesse des plus élémentaires», continua-t-il, «Je me nomme Dimitri Orelov, ambassadeur à la cour d'Angleterre, envoyé par l'impératrice de Russie»

Il guetta sa réaction, En vérité, il savait qu'il serait déçu si elle refusait. Il aurait manqué une trop belle occasion de faire connaissance avec une personne qui avait l'air au premier abord différente des autres courtisans qui peuplaient la cour d'Angleterre.
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Clara Von Oberbayern

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MessageSujet: Re: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Dim 22 Sep - 23:19
Pendant un moment, Clara se demanda si elle ne ferait pas mieux de retourner à ses appartements pour écrire cette lettre promise à son père, plutôt que de rester dans ce salon, seule. Toutefois, comme si on répondait à son désir silencieux, la porte du petit salon s’ouvrit une première fois pour laisser entrer une dame. Clara la connaissait. Voilà l’une des seules femmes de la cour qui lui adressait la parole et pas pour les bonnes raisons. La duchesse était une vieille fille usée et aigrie par la vie. Peut-être avait-elle déjà été jolie, mais c’était à une époque bien lointaine. Aujourd’hui, sa principale occupation était de raconter des potins sur tout le monde. Personne n’y échappait et ses commérages éprouvaient durement la patience de ceux qui se trouvaient en sa présence. Malheureusement pour Clara, elle était trop polie pour simplement s’éclipser, alors elle était devenue la principale confidente de la vieille duchesse qui était trop heureuse d’avoir enfin trouvé une oreille attentive. Clara avait réellement peur de finir comme elle. Cette femme était la dernière survivante de sa famille. Trop vieille pour se marier, elle va probablement s’éteindre avec sa fortune.

Clara l’écouta donc, luttant contre l’envie de simplement s’endormir dans son fauteuil. Elle ne lui répondait que par quelques exclamations polies dans l’espoir que ça ferait taire la vieille duchesse. Non, un simple raclement de gorge suffisait à la relancer dans un autre monologue interminable. Clara en était au point qu’elle adressait une prière silencieuse à son Seigneur pour qu’on vienne à son secours. Au même moment, la porte s’ouvrit à nouveau. La jeune fille le remarqua à peine, trop engourdit. Elle fixait d’un air vague les dernières volutes de sa tasse de thé qui s’évaporaient dans l’air. C’est sa voix qui ramena la jeune fille à la réalité.

— Oh!

Elle se redressa, réalisant qu’elle s’était quelque peu avachie sur son fauteuil. Cet accent… Elle l’avait déjà entendu quelque part. Clara réfléchit un instant avant de réaliser que le jeune homme devait être Russe. Il n’y avait pas beaucoup de Russes à la cour d’Angleterre, mais elle en avait déjà rencontré lorsqu’elle était encore en Bavière. Cet homme était très loin de chez lui, tout comme elle. Puis elle vit son chapeau. En fait, il était difficile de ne pas le remarquer, car il jurait étrangement avec le reste de ses vêtements qui étaient beaucoup plus discrets que la chose qu’il avait sur la tête. Les bonnes manières voulaient qu’il le retire en présence des dames. Apparemment, il n’en avait rien à faire, car non seulement il ne le retira pas, mais il y alla d’une remarque très osée en supposant que Clara désirait de la compagnie. Clara fronça les sourcils, embêtée par ses paroles, même s’il avait raison dans ses suppositions. Elle détourna les yeux et lui fit signe d’un geste de la main de s’assoir, mais ce fut la vieille femme qui brisa le silence.

— Ah, grand Dieu! Vous vous adressez à une Duchesse, jeune homme. Enlevez-moi ce chapeau ridicule et inclinez-vous!

Clara allait-elle se retrouver entre deux feux? Elle n’en avait pas particulièrement envie. Elle se tourna donc vers la vieille Duchesse pour lui dire sur un ton poli, mais sans appel.

— Merci, mais ça ira. Je suis certaine que le jeune homme a une bonne raison d’agir de la sorte.

Elle rapporta son attention sur le jeune russe qui rattrapa habilement son manque de politesse par un compliment. Clara lui adressa un léger sourire, mais rougit aussitôt comme une tomate. Son regard restait fuyant. Elle avait un mal fou à regarder les gens dans les yeux, surtout qu’elle avait du mal avec la couleur peu commune de ses iris qui fascinait quiconque les voyait.

— Clara Von Oberbayern, Duchesse de Haute-Bavière. Ravis de faire votre connaissance.

Tout comme pour le Russe, l’anglais de Clara était coloré par son accent allemand, bien qu’elle soit capable de s’exprimer parfaitement bien dans la langue de Shakespeare. Elle avait parlé d’une voix douce, marquée par sa timidité. La vieille duchesse observait Clara avec une certaine empathie. Difficile de ne pas en avoir pour elle en la voyant se tordre les mains sur sa jupe. Elle fit néanmoins signe à une servante qui se tenait dans un coin, à l’affut de la moindre demande. La femme servit une seconde tasse de thé à l’ambassadeur russe avant de s’éclipser à nouveau dans un silence absolu.

— Ah, pauvre enfant. Ce n’est pas en rougissant à chaque compliment que vous allez attraper un prétendant. C’est une femme qu’ils veulent, pas une tomate!

Dire ça et donner un coup dans l’estomac de Clara auraient eu le même effet. Elle s’empourpra un peu plus avant de foudroyer du regard la vieille Duchesse qui ricana avant de retourner à son ouvrage de broderie. Cette femme s’amusera sans doute à raconter cet épisode en modifiant allégrement les détails pour rendre le tout plus croustillant. Pourtant, l’agacement que ressentait Clara lui donna une certaine impulsion et elle répondit du tac au tac.

— Ne l’écoutez pas. Sa seule occupation est de lancer des ragots à tout vent.


Évidemment, Clara savait que ce n’était pas totalement faux, mais cette femme n’était pas obligée de le lui rappeler ainsi. Déjà, le Russe était plutôt séduisant, bien que d’un rang largement inférieur au sien. Peu importe, après cet épisode, il va sans aucun doute la prendre pour une idiote de premier ordre, comme tous les autres.
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Dimitri Orelov

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MessageSujet: Re: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Lun 23 Sep - 17:20
Tout agacé qu'il était par les remarques intempestives de la vielle duchesse, Dimitri fit de son mieux pour afficher un sourire ravi à son interlocutrice et s'empressa de prendre place en face d'elle.
Ignorant superbement la duchesse, le Russe reporta toute son attention sur la jeune demoiselle. Difficile de lui donner un âge, songea-t-il. Comme il l'avait précédemment remarqué, son apparente jeunesse contrastait avec un maintien tout à fait noble, une tenue travaillée et des manières tendant à prouver qu'elle était déjà une femme faite.
Il sembla juste à Dimitri qu'elle manquait un peu d'assurance, le sourire effacé qu'elle lui rendit et la coloration rosée que prirent ses joues suite à son compliment tendaient à le montrer. Au moins, cela n'était certainement pas l'une de ces jeunes courtisanes sans cervelle cherchant à tout prix à plaire au premier inconnu qui faisait mine de s'intéresser à elles. Le jeune homme était particulièrement blasé par ce genre de femmes qu'il trouvait complètement dénué d'un quelconque intérêt.

Si sur le point de l'âge il restait dans le flou, en revanche l'accent de la jeune femme prouvait qu'elle était d'origine germanique. Ce qui lui fut confirmé en entendant son titre et son duché d'origine. Ceux-ci intéressèrent très fortement le jeune ambassadeur. D'après ce qu'il savait, ce duché du Saint-Empire germanique était important. Et puissant. Tellement puissant que la Bavière avait dû être séparée en plusieurs duchés afin que l'empereur ne soit pas inquiété d'une éventuel concurrent pouvant s'opposer à lui. De plus, ce duché était riche et relativement peuplé. Cette Clara Von Oberbayern était donc une héritière de choix qui ne devait pas manquer de prétendants. Ou sûrement était-elle déjà mariée et venait à la cour d'Angleterre pour échapper à un mari plus intéressé par la politique que par sa femme. A moins que la cour germanique ne fut tout simplement ennuyeuse... Dans tous les cas la jeune femme piquait son intérêt au vif et il se promit de ne pas la quitter sans avoir obtenu certaines informations. Peut-être pourrait-elle lui servir dans sa quête d'alliés pour la Russie. Après tout, son pays et son duché n'avaient jamais eu de relations conflictuelles par le passé, il n'y avait aucune raison pour qu'ils ne puissent pas s'entendre...

Le Russe fut interrompu dans ses réflexions par une servante rapportant une tasse de thé fumante devant lui. Humant l'odeur qui s'en dégageait, il détermina que cela devait être de la menthe.
Alors qu'il s'apprêtait à engager la conversation en lançant une banalité, cette vieille mégère de duchesse paraissait à nouveau vouloir montrer à quel point elle pouvait être désagréable.
Quand donc allait-elle s’apercevoir que sa présence était indésirable ? Surtout que sa remarque était pour le moins dérangeante envers la demoiselle. Son attitude était à la limite de l'insulte et paraissait avoir mit sa jeune pair dans tous ses états.
S'apprêtant à répliquer à cela pour défendre la jeune femme qui visiblement ne savait plus où se mettre, Dimitri fut surpris par la véhémence de la réponse de la duchesse bavaroise. Celle-ci fit mouche puisque la vieille duchesse ne sut quoi répondre et marmonnant de vagues paroles incompréhensible, retourna dans son coin. Au moins cette fois elle ne reviendrait certainement plus les déranger. Si certaines vieilles nobles pouvaient se montrer amusantes, d'autres comme celle-ci n'avait de cesse de s'en prendre aux courtisans qu'elles jugeaient les plus faibles et de se délecter des petites phrases assassines qu'elles pouvaient lancer. Et puis, il s'agissait ici de deux femmes, l'une ayant certes l'expérience, l'autre la beauté et la jeunesse. A la cour c'était évidement les seconds atouts qu'il fallait posséder pour rester dans le jeu de celle qui plairait le plus ; ce jeu auquel se vouaient toutes les femmes dans n'importe quelle strate de la société.

«Ah, je ne suis point fâché de la voir s'éloigner. Sa présence commençait à devenir quelque peu... Incommodante, vous ne trouvez pas ? Et ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'habitude de porter foi aux accusations d'une vieille femme de cette sorte.»
« Et puis », ajouta-t-il un petit sourire espiègle aux lèvres, « tout le monde sait que le rouge aux joues signifie être en bonne santé, ce dont vous n'avez pas l'air de manquer, n'est-ce pas mademoiselle la duchesse ?».

Laissant un temps de silence, car sa compagne ne semblant pas vouloir prendre la parole, il reprit :
«Ainsi vous seriez donc en quête d'un parti convenable selon cette vieille duchesse barbante. Est-ce la raison de votre présence ici ou ne vouliez vous que changer d'air pour quelques temps ? Il ne me semble pas que vous soyez à la cour depuis longtemps, je pense que si je vous avez déjà aperçue, je n'aurez pu vous oublier, vous hanteriez déjà mes nuits.»


Jouer de son charme de cette façon amusait grandement Dimitri. Surtout que la jeune duchesse, sans doute un peu naïve ou sans expérience de la cour, semblait y être réceptive, ce qui promettait d'être vraiment amusant pour lui. Généralement, les femmes sentant le piège à plein nez, entraient dans son jeu soit par politesse ou soit pour leur amusement personnel ou encore cherchaient immédiatement à le fuir. D'autres encore tombaient réellement sous son charme. Dans quelle catégorie pourrait-il classer Clara Von Oberbayern ?
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Clara Von Oberbayern

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MessageSujet: Re: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Mer 25 Sep - 0:23
Une fois encore, Clara avait l'impression qu'on l'examinait des pieds à la tête avec le même oeil critique de l'acheteur qui cherche a faire l'acquisition d'un nouveau cheval. Elle est nouvelle à la cour et c'est normal qu'on veuille se faire une opinion sur elle, mais elle trouvait désagréable de sentir les regards braqués sur sa personne comme si on s'attendait qu'elle fasse quelque chose d'étonnant. Elle est une duchesse, pas un animal de foire! Encore heureux qu'elle ne puisse pas lire dans les pensées, car le constat que fit le Russe à son égard, bien qu'il soit véridique, était totalement déplacé et l'aurait sans doute mit mal à l'aise. La duchesse se battait contre son propre titre. Elle voulait qu'on la voie telle qu'elle est et non pas avec les promesses de richesses qu'on attache à son nom. Malheureusement, dans ce monde, tout est une question de naissance. On va glorifier un roi cruel et égoïste, mais cracher sur le bâtard au cœur d'or alors qu'il n'a même pas choisi de vivre. Il y a-t-il quelque chose à comprendre dans tout cela? Non, bien sûr que non, mais notre société actuelle a tendance à encore tendance à accorder trop d'attention aux personnes qui ne le méritent pas nécessairement.

Heureusement, la vieille duchesse semblait ne plus vouloir les importuner dans l'immédiat, même si Clara soupçonnait qu'elle ne s’est retirée que pour mieux revenir en force plus tard. Ce genre de femme ne se laisse pas clouer le bec aussi facilement, surtout pas par une jeune demoiselle comme Clara.

— Cette femme est seule. Quelque part, je suis triste pour elle, mais effectivement, ça ne justifie pas un manque de respect envers les autres.


Le rose aux joues signifie peut-être la jeunesse et la santé, mais c'est aussi un signe de timidité. Ainsi, avec Clara, c'est tout ça à la fois. À 18 ans, elle est femme, mais aussi fille à bien des égards. Les relations interpersonnelles ne sont pas un domaine dans lequel la jeune fille excelle. De même, il y a beaucoup de choses de la vie que, soit elle ignore totalement, soit on l'a mal informé, parfois à dessein. À bien des égards, Clara dégage une certaine fraîcheur contrairement à ces femmes habituées aux jeux de la cour et qui n'hésitent pas à user de leurs charmes pour plaire à tout prix. La duchesse n'avait aucunement conscience de son propre pouvoir de séduction. Même qu'elle est complexée par son physique, alors qu'elle est digne d'être la muse d'un peintre.

Clara avait jeté son dévolu sur un autre sablé quand le Russe y alla d'une déclaration qui aurait probablement fait tonner son père de colère. Elle en fut si choquée qu'elle avala sa bouchée de travers et s'étouffa. Prise d'une quinte de toux incontrôlable, la jeune duchesse était pratiquement pliée en deux dans son fauteuil. Une main sur sa poitrine, elle tendait de reprendre son souffle. Pendant un moment, elle fut incapable de dire quoi que ce soit. Même la servante s’approcha, inquiète. Personne ne voulait voir la duchesse mourir de façon aussi… stupide!

— Ce n'est pas le genre de chose que l'on demande, voyons! Et… et ce n'est pas un commentaire que l'on fait à une fille respectable.

Elle avait les yeux humides de larmes, mais semblait nettement plus agacée que triste. Évidemment, Clara était aussi rouge qu'un homard ébouillanté. Avec tout cela, Dimitri comprendra sans doute qu'il avait affaire à une jeune fille non mariée. Une femme avec de l'expérience en matière de flirt n'aurait pas réagi de cette façon, même si elle avait pu se montrer outrée quand même. À ce stade, ça dépend vraiment du tempérament de la dame. Clara n'était vraiment pas près de tomber sous son charme s'il continuait de cette façon. Elle préfère les hommes qui ont de l'esprit et sachant s'exprimer sans être des pantins de cour. Elle aime les esprits libres qui ne craignent pas d'aller à contre-courant sans pour autant être des fous furieux incapables du moindre respect. Elle but une gorgée de thé qui apaisa aussitôt sa gorge irritée. Bien entendu, est-il nécessaire de spécifier que toute cette panique avait attiré l'attention de la vielle duchesse qui s'approcha pour voir si elle n'avait pas raté un détail croustillant à ajouter à son histoire? Clara la foudroya une fois de plus du regard et n'eut pas à ouvrir la bouche pour qu'elle retourne à son ouvrage. Elle reporta ensuite son regard sur Dimitri, toujours aussi méfiante et agacée.

— Je suis ici depuis quelques jours à peine et oui, c'est pour un éventuel mariage, mais je ne vois pas en quoi cette information pourrait vous être utile.

Voilà une façon polie et pleine d'esprit de signifier à Dimitri qu'il était probablement de trop basse naissance pour que Clara s'intéresse à lui. Enfin, ce n'est pas comme si la duchesse se souciait vraiment du titre d'une personne, mais les règles sont ainsi faites. Clara rêvait d'un mariage d'amour et osait croire qu'elle pourra faire entendre raison à sa famille le moment venu, même si elle devait faire quelque chose d'incroyablement stupide pour leur forcer la main. Toutefois, un imbécile reste un imbécile, qu'il soit né mendiant ou roi.
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Dimitri Orelov

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MessageSujet: Re: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Ven 4 Oct - 17:36
Dimitri n'avait pas imaginé que sa question, si impertinente soit-elle, puisse provoquer une telle réaction de la part de sa compagne. Celle-ci s'étouffa pour ainsi dire devant ses yeux. Interloqué, Dimitri ne réagit pas sur le coup. Mais cela ne dura que quelques secondes et la jeune femme réussit à reprendre seule son souffle.
La scène avait provoqué la convergence d'une foule de regards dans leur direction. D'un sourire qui se voulait rassurant, mais d'un regard qui signifiait clairement que toute intervention était inutile, Dimitri signala à ses voisins que l'incident était terminé. Tellement outrée qu'elle ne semblait pas avoir remarqué les réactions autour d'eux, la jeune duchesse s'indigna contre lui. Nullement ému par cet éclat, le jeune Russe resta impassible, même si en son for intérieur, il trouvait la réaction de la duchesse allemande quelque peu comique et assez disproportionnée. Certes, s'il suivait le code des bonnes manières cette question n'était pas à poser à une « fille respectable » s'il reprenait les termes employés par la duchesse et il n'aurait évidemment pas dû la lui poser s'il avait eu quelques scrupules. Mais il ne lui avait tout de même pas demandé si elle était encore vierge ou combien d'hommes elle avait connu ! Le seul élément positif était qu'en fin de compte, il avait tout de même obtenu la réponse à sa question, la jeune femme était bien à la cour pour y trouver un bon parti.... Des intrigues et des alliances en perspectives se réjouit l'ambassadeur.

Dimitri pensait maintenant savoir à qui il avait à faire, du moins en apparence : une petite novice de cour, émotive, non initiée aux pratiques de communications et de comportement officieux, mais quotidiens de la cour . Enfin, pensa-t-il, elle ne le restera sûrement pas bien longtemps dans cet état d’innocence. Tôt ou tard, elle se convertirait à ces mœurs de la cour, soit grâce à des compagnes plus expérimentées au jeu des intrigues, soit par un jeune galant qui saurait attirer son attention et l'entraîner à sa suite. En tout cas, cela ne serait certainement pas lui qui l'initierait aux manières cachées de la cour, elle avait visiblement trop à apprendre et lui n'avait pas la patience nécessaire pour ce type d'enseignement.

Les questions indiscrètes n'étant donc pas au goût de la jeune duchesse, il allait falloir en revenir à des sujets plus sages. Dommage, songea Dimitri, il aurait été plus utile, et ma foi fort divertissant, de s'engager dans ce sujet de conversation là...
Mais en premier lieu, s'il voulait pouvoir continuer à rester attablé en compagnie de la jeune demoiselle sans créer un véritable scandale, présenter de plates excuses s'imposait. Il savait que s'il continuait sur la voie dangereuse qu'il avait emprunté, la conversation risquait de rapidement tourner court. Malgré les certitudes qu'il pensait avoir acquises sur le caractère de la jeune femme, il voulait voir s'il parviendrait à percer à jour un morceau de sa «face cachée», celle que l'on ne réserve qu'aux intimes. C'était celle-ci qu'il fallait identifier s'il l'on voulait vraiment apprendre à connaître une personne.

"Veuillez m'excusez mademoiselle la duchesse, je reconnais avoir été fort indiscret dans ma demande. La curiosité, mal placée je l'avoue, l'emporte parfois sur les bonnes manières.... Je n'avais nullement l'intention de vous blesser et je suis fort désolé si je vous ai mise en peine. Si je puis par la suite me racheter de ma conduite envers vous, ne vous privez pas de me demander une faveur ou un service, je l'exécuterai volontiers si cela est en mon pouvoir."


Le jeune homme avait pris l'air contrit qu'a un enfant lorsqu'il est pris en flagrant délit en train de désobéir à l'un de ses parents. Ces excuses n'étaient pas réellement sincères, mais pouvaient au moins le paraître dans la forme. Et s'il prenait l'envie à la duchesse de lui demander un service, eh bien soit, il lui répondrait positivement. Il ne serait jamais dit que Dimitri Orelov ne tenait pas ses promesses envers les dames.

Remarquant que la jeune duchesse le toisait tout de même d'un air méfiant et agacé, Dimitri se dit qu'il allait devoir se montrer très prudent par la suite pour ne pas la froisser. Il n'avait pas l'intention de refaire le même faux pas. Reprenant une gorgée de thé pour s'éclaircir la voix, il décida qu'il fallait complètement changer de sujet de conversation.

"Ainsi, vous venez de Bavière ? Certains de mes compatriotes qui s'y sont rendus par le passé m'ont dit que c'était un charmant pays où il faisait bon vivre. Est-ce vraiment le cas ?"


Il espérait n'avoir rien dit d'offensant envers la duchesse. Si c'était le cas, ce n'était vraiment pas de sa faute et cette fois-ci non intentionnel ! Il aurait aimé que l’évocation de la terre d'origine de la jeune femme la fisse se dévoiler un peu. En effet pour Dimitri, il n'y avait rien de plus ennuyeux qu'une personne qui se cachait continuellement derrière les bonnes manières et l'éducation distinguée. Il fallait y mettre un peu de piquant que diable ! Où se trouvait l'intérêt de se rendre à la cour, endroit où toutes les possibilités se trouvaient réunies et où rencontrer des personnes inconnues était un passage obligé, si ce n'était que pour rester dans l'ombre et la figuration ?
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MessageSujet: Re: Tea Time ~ pv Dimitri Orelov Mer 9 Oct - 1:15
Clara avait plus ou moins conscience qu'elle risquait de passer pour une idiote aux yeux du Russe. Il faut dire qu'elle est parfois un peu trop réactive et qu'elle devait absolument apprendre à modérer sinon on pourrait profiter de sa gêne et de sa naïveté. Ce n'est pas facile pour elle. Elle doit, en quelque sorte, se battre contre elle. La jeune Duchesse n'a jamais été très confortable avec les inconnus, surtout s'ils osent la bousculer un peu pour la tester. Dimitri ne voulait peut-être pas se montrer méchant, mais Clara ne pouvait pas le deviner.

Évidemment, elle remarqua avec un temps de retard que les regards s'étaient à nouveau tournés vers elle. C'est quand Clara voulait se montrer plus discrète qu'elle faisait immanquablement un coup d'éclat qui attirait l'attention sur elle. Parfois, elle se détestait vraiment. La jeune femme devait trouver le moyen de calmer la situation tout en espérant que son compagnon cesse de se montrer aussi rude. La bienséance n'existe pas sans raison. Certes, il avait obtenu la réponse qu'il désirait et avait brossé un portrait assez juste de la duchesse. Il faut lui donner une chance. Clara est si loin de chez elle. Si elle réussit à sortir de sa coquille, il se peut qu'elle surprenne tout le monde. Elle a un esprit vif, une grande soif d'apprendre et, autant l'admettre, aime parfois sortir du carcan des règles sans toutefois tomber dans l'exagération. Il y a l'art et la manière de faire les choses...

Heureusement pour tout le monde, l'ambassadeur trouva juste de s'excuser devant la duchesse pour son indiscrétion. Il se proposa même de racheter sa faute en répondant à une faveur ou à un service qu'elle pourrait lui demander. Clara l'arrêta tout de suite.

— Oh, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de se rendre jusque-là. J'accepte vos excuses et veuillez pardonner ma propre maladresse. Depuis que je suis ici, je multiplie les erreurs. Ma propre servante me trouve désespérante.

Abandonnant son air méfiant, Clara ne put s'empêcher de sourire devant l'air contrit du Russe. Évidemment, elle n'avait pas la moindre idée qu'il puisse ne pas être sincère. Tout comme elle, il semblait jeune et n'avait peut-être pas beaucoup d'expérience avec la vie à la cour et comment aborder les femmes qui y vivent.

Rapportant son attention sur le thé qui commençait à refroidir, elle écouta la question de Dimitri. Il avait décidé de changer complètement le sujet de conversation, ce qui n'était pas vraiment un mal. Clara préférait largement parler de sa contrée d'origine plutôt que de s'épancher sur les raisons de sa présence à la cour anglaise.

— C'est vrai. Enfin, je crois que l'on dit tout cela quand on nous questionne sur notre royaume d'origine. Il fait bon vivre, les gens y sont chaleureux peut-être pour combattre le climat parfois rigoureux auquel nous sommes régulièrement confrontés. Le paysage est magnifique avec ses montages recouverts d'une forêt sombre et ses immenses lacs semblables à des miroirs. La Bavière est divisée en différentes régions. Personnellement, je suis en Haute Bavière, Oberbayern dans ma langue. Nous sommes à proximité de Munich, mais ma famille vit un peu en retrait, près d'un village qui est en fait intégré à nos terres, car mon père s'occupe d'accorder les lots pour la construction des maisons et prélève des taxes sur les revenus de la terre. À une certaine époque, bien avant ma naissance et même avant celle de mon père et de mon grand-père, ce n'était que quelques petites maisons de ferme. Avec l'économie florissante de la région, de plus en plus de gens s’y installent. Les terres sont fertiles, l’air est bon…


La duchesse s’arrêta soudainement de parler et prit un air contrit.

— Pardonnez-moi, dès que je parle de la maison, je ne peux plus m’arrêter. Voilà quelques jours à peine que je suis ici, mais le manoir me manque déjà. Tout est si différent ici… J’imagine que vous ressentez la même chose que moi. La Russie, je n’y suis jamais allé, mais j’ai entendu des récits à propos d’hivers interminables… Un royaume à la fois beau et terrible, je me trompe?
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Tea Time ~ pv Dimitri Orelov

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