AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

Klavdia Moroz [Terminée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
Klavdia Moroz

Messages : 2
Réputation : 1430
Date d'inscription : 21/10/2013

MessageSujet: Klavdia Moroz [Terminée] Mar 22 Oct - 21:08


La rouille ronge le fer, les chagrins le coeur.



MOROZ - KLAVDIA


Carte d'identité




Nom (s): Moroz

Prénom (s): Klavdia

Age: 18 ans.

Date et lieu de naissance: 26 Octobre à Moscou, Russie.

Rang souhaité: Comtesse

Nation représentée: La Russie

Personnage sur votre avatar:Heum… Bonne question .__.
Parrain: Colombe Toinette Descout






Physique





Une maigreur trop longtemps vécue laisse toujours des séquelles : des joues un peu plus creuses que la normale, une taille désespérément trop fine, détails qui ne trompent pas. Et quand on a la peau claire c’est encore plus dérangeant. Pourtant, ces particularités physiques plutôt malsaines, lorsqu’elles sont, par la Grâce de Dieu, accompagnées d’un visage harmonieux aux traits fins, illuminées de deux perles d’un bleu céruléen, surlignées de sourcils dessinés, deviennent essentielles. On ne peut imaginer ces lèvres pulpeuses, d’un rose délicat, ce petit nez droit, avec des pommettes saillantes et de bonnes joues bien rondes. Non, une fois qu’on a vu ce visage, il est impossible de penser qu’il pourrait être autrement. Tout est régulier, symétrique, agréablement organisé. De plus, les longs cheveux auburn, avec leurs boucles indisciplinées, encadrent joliment cette figure si particulière.

Mais là où l’ancienne maigreur est le plus visible, c’est sur le haut du corps. De la mâchoire étonnamment bien dessinée aux clavicules saillantes, en passant par un cou à la peau très tendue, rare pour ces femmes nobles qui mangent plus qu’à leur faim, mettent déjà la puce à l’oreille. Plus discrets, bien cachés par les robes aux manches bouffantes, ce sont les bras fins et la poitrine modeste au-dessus de cette taille de guêpe. Vous devez songer que tout ceci ne peut aller qu’avec des jambes droites et maigres comme des allumettes, mais vous avez tord. Quand nous parlions de symétrie, il fallait aussi penser à un écho entre le galbe du fessier et celui de la poitrine, loin d’être proéminent mais décent, faisant le bonheur de ces gens qui n’apprécient guère la compagnie de ces femmes décadentes aux formes trop rondes pour ne pas attirer tous les regards.

Ce corps n’a pas le moindre grain de beauté, pas la moindre tâche de rousseur. Il ne porte que les vieux souvenirs de jeux d’enfants un peu trop vigoureux, de maladresses, d’éraflures superficielles qui disparaitront vite de cette peau de porcelaine. Mais que l’on fixe n’importe quelle particularité physique de Klavdia, que ce soit ses jambes fines, sa poitrine ou ses cheveux, il lui suffira de sourire pour que sa belle bouche accapare toute l’attention. Quel sourire  contagieux ! Lui seul suffit pour détendre une atmosphère pesante ou balayer un chagrin.

On aura beau dire qu’elle est trop petite, trop maigre, cette russe au visage angélique est bien jolie, avec son innocence et sa voix claire, si douce qu’il est impossible de ressentir la moindre inquiétude devant elle.


Caractère





Quand on est ignorante, on est bien vulnérable. Klavdia n’est pas sotte ; elle sait beaucoup de choses, elle connaît les grandes œuvres classiques, la danse et autres arts mondains mais sa pratique des subtilités sociales est purement et simplement inexistante. Bien sûr, on lui a appris les bonnes manières : ce qui peut être dit et ce qui ne doit pas même être pensé. Mais n’ayant connu le mensonge et la trahison que dans les livres et les pièces de théâtre, là où le vilain est toujours puni, que ce soit par la volonté de Dieu ou par la main des bons, la jeune russe porte un regard bien pur sur le monde qui l’entoure. On ne l’a préparée ni aux avares ni aux cruels, ni aux mendiants ni aux voleurs. Elle est consciente de son ignorance mais n’en soupçonne pas encore la réelle étendue, car on ne se croit jamais aussi simple que l’on est.

Au premier abord, on pourrait penser que la petite Comtesse est rêveuse et bien naïve, et l’on aurait pas tout à fait tord. Cependant, sa conversation très riche souligne une intelligence peu exploitée par ses précepteurs, et sa servitude démontre un grand respect de l’autorité. La jeune fille a tiré de ses livres une conclusion généreuse: si la confiance ne se mérite pas et qu’elle est due à chacun, elle peut en revanche se perdre aussi vite qu’une pièce glissée dans une poche trouée. Et Dieu sait qu’une pièce perdue est rarement retrouvée.
Mais si l’on  a bel et bien sa confiance, son application fait plaisir à voir ; donnez lui n’importe quel devoir, tant qu’il n’est pas immoral, elle y mettra tout son cœur ! Car elle aime à croire que les bonnes actions nous sont toujours rendues…

Mais parlons de ce qui nous intéresse vraiment. Quand on demande des précisions sur le caractère d’une jeune fille c’est pour mieux connaître ses amours, n’est-ce pas ? Concernant celles de Klavdia, ça ne sera pas long : elle n’a jamais connu l’amour. Evidemment qu’à un certain âge, la puissante machine du désir se met inévitablement en marche. Mais, ne partageant les affinités de personne dans son entourage, elle n’eut d’autre choix que de jeter son dévolu sur un inconnu. Le seul qui ait fait battre le cœur de la russe était le cuisinier de la famille. Elle le voyait rarement, cet homme large à la mine chaleureuse, et si elle en était « amoureuse », c’était pour la simple et bonne raison que ne le connaissant pas, elle l’idéalisait complétement. A ses yeux, il était parfait. Bien sûr il y eut ces petits jeux, à tenter de le croiser, à déguster ses repas comme s’il les avait affectueusement mitonnés pour elle ; mais ce genre de désir imaginé meurt vite quand on a autre chose à penser.
Celui de Klavdia mourut sans même qu’elle ne s’en rende compte, elle n’avait pas un cœur assez libre pour que cet amour puisse renaître de ses cendres.
D’ailleurs elle n’avait pas vraiment de quoi nourrir ce sentiment, sachant que les histoires hors mariage lui étaient interdites. Vivant à une époque très pieuse, Klavdia craint Dieu bien plus qu’elle ne le loue. Elle va à l’Eglise comme les paysans vont au champs: parce qu’il le faut. On lui a répété mille et une fois durant son enfance qu’elle devait sa vie à la grâce du Seigneur et aux prières de son père ; mais lorsqu’on connaît mieux son quotidien d’adolescente, on comprend vite qu’elle soit passée d’une reconnaissance candide à une peur excessive du châtiment divin. Que recommande la chrétienté à une femme ? Etre pieuse, prude, soumise, innocente. Son éducation fut bien faite. Ce n’est donc que pure vérité de dire que pour l’instant, la demoiselle est la parfaite chrétienne, maîtrisée jusque dans ses pensées depuis toute petite, et livrée à elle-même dans la cage aux lions qu’est Londres !  



L'histoire de votre personnage





Dieu protège ceux qui l'aime.

Il est de ces gens que l’on voudrait serrer fort contre sa poitrine, jusqu’à les incruster dans notre cœur. De ces être si fragiles, si délicats que l’on croirait reconnaître en eux l’enfant triste et fluet que nous regrettons d’avoir été un jour ; on souhaiterait qu’ils n’aient jamais froid, jamais faim, que Dieu ne permette pas même aux cauchemars de les effleurer. S’il était possible de les faire vivre toute leur longue et douce vie dans une bulle protectrice, nous traverserions les mers et les océans, nous explorerions les astres et parcourrions les terres les plus hostiles afin de mettre la main sur cette fameuse bulle. Nous les y cacherions, pour les préserver de ce monde lugubre et sans pitié qu’est le nôtre.
Et c’est pour ce cocon bienfaisant que le Comte Ivan Moroz aurait donné sa vie si on le lui avait demandé. Sa fille était péniblement venue au monde un soir, dans la chambre à coucher d’une luxueuse maison de Moscou. Sceptique, le médecin n’avait pas félicité le père d’une poignée de main vigoureuse en quittant la nouvelle mère, non, il était arrivé la tête basse, frottant de ses doigts fraichement lavés une moustache admirablement bien fournie. Il avait levé les yeux vers Ivan, posé sa main puant encore le sang sur son épaule, et donné un seul conseil : attendre que l’enfant ait un mois avant de la nommer. Le nouveau-né était bien chétif, et à mieux le regarder, il était vrai que même un prénom semblait trop lourd à porter pour ce petit corps pâle et grelottant.

Depuis ce jour, chaque matin fut un calvaire. Ce père angoissé craignait chaque fois qu’il allait voir sa fille, de ne pouvoir que constater que la nuit avait été trop longue, qu’elle n’arriverait plus jamais à se réveiller. Mais le premier mois passa, et l’on baptisa alors l’enfant toujours fluette du doux prénom de Klavdia, signifiant « boiteuse, faible », puisqu’on l’aurait cru inventé pour elle. La famille laissa échappé un soupir de soulagement. Ne s’accrochait-elle pas admirablement à la vie, cette chère petite ?

Malheureusement les hivers russes sont froids, et vivre dans ce magnifique pays semble se mériter. Il est de coutume que les nourrissons tombent malades à cette époque de l’année, et si le chagrin vient se mettre à l’abri dans certains foyers, les survivants ne sont pas rares, fiers d’avoir surmonté la première épreuve de leur vie. Un soir de rude tempête, Klavdia n’échappa pas à la triste règle. Enveloppée dans une étouffante couverture, au coin du feu, bercée par sa nourrice, elle toussait à en devenir bleue. Le Compte Moroz n’en pouvait plus, il avait si peur pour sa fille ! Car malgré son âge avancé, elle était son seul enfant, celle pour qui il avait le cœur débordant d’amour. Cette nuit-là, il se senti submergé par ce besoin de protection habitant tous les pères ; jamais on ne lui reprendrait la chair de sa chair au bon vouloir d’un cruel hiver ! N’ayant aucun autre refuge, l’homme angoissé s’agenouilla, prenant la prière pour dernier remède. Il jura sur l’honneur que jamais on ne verrait sa fille pleurer ou avoir le cœur brisé, eut-il dû l’étouffer de son amour absolu ! Si Dieu lui laissait la vie sauve, alors elle ne manquerait jamais de rien, elle deviendrait une référence de pureté et de bonté.

L’enfant survécut. Grâce du père tout puissant ou non, pour le Compte cela ne faisait aucun doute : on avait exaucé ses prières, c’était à présent à lui de remplir sa part du marché. La petite serait la plus irréprochable et la plus angélique des femmes de Russie ! Rien ni personne ne la détournerait du droit chemin. C’est donc pour cette raison, résultant d’un amour paternel incontrôlable, que les parents de Klavdia lui firent don d’une éducation impitoyable et stricte. Dès sa plus tendre enfance, la fillette eut un entourage tout choisit : sa nourrice, le Comte et la Comtesse, des enfants nobles en visite avec leurs parents, et ses professeurs. En effet, danse, chant, littérature, théâtre, tout ce qui était matière à paraître cultivée et infaillible devait être maîtrisé sur le bout des doigts. Mais quand on annonce à un enfant que s’il récite ceci ou apprend cela, on sera fier de lui, ne s’exécute-t-il pas avec bonheur et servitude ? Car malgré sa maigreur et sa petite taille, Klavdia était souriante et appliquée dans les tâches qu’on lui donnait. On lui apprit les bonnes manières, à se tenir droite, à ne jamais donner un avis trop tranché. A l’aide de professeurs sévères, elle étudia sa démarche, ses attitudes. Lors de la lecture, on ne tournait pas les pages d’un roman trop vite. On ne mentionnait jamais une douleur ou un étourdissement devant un invité. On baissait toujours les yeux en s’adressant à un homme, même jeune. Inviter quelqu’un à danser ne se faisait pas, refuser une invitation non plus. La coiffure devait être soignée et la mine parfaitement poudrée même pour les petites occasions. La liberté de la petite fille était limitée à la couleur de sa robe, et ses longues journées semblaient chaque jour plus pénibles. Mais elle débordait de joie quand, une fois un poème récité sans la moindre faute, son père applaudissait avant de la prendre dans les bras ! Quelle délice, lorsque sa mère déposait un baiser sur son front pâle pour la féliciter de s’être montrée modeste et obéissante devant les invités ! Et ne recevait-elle pas des compliments de la part de la femme de chambre, qui constatait que la petite lisait au lieu d’aller jouer dehors ?  

Jusqu’à ses 10 ans, Klavdia ne se plaignait pas, elle était heureuse de satisfaire ses parents et ses professeurs, une philosophie propre à la naïveté de son âge. Ivan prit congé de sa famille pendant un mois, parti en Angleterre voir un ami récemment installé. Durant ce mois-ci, la fillette se rendit compte du désintérêt de sa mère à son propos. Celle-ci ne levait même plus les yeux en entendant sa progéniture lui parler, ce qui n’empêchait pas la Comtesse d’envoyer son enfant accompagner les servantes au marché, afin d’être sûre qu’elles n’oublient rien. Au retour de son père, la dernière descendante de la famille Moroz observa le comportement du Comte envers sa femme. C’était une conduite ni glaciale, ni sèche, les regards qu’ils se portaient l’un à l’autre étaient simplement d’une indifférence affligeante. Elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle avait grandi dans un foyer animé par un seul amour, puisqu’elle en était l’objet. Et elle était loin de se douter que ceci allait changer. Très vite, le chef de la maison sembla mettre une distance entre lui et son entourage. Il avait ajouté à sa tenue une paire de gants de cuir dont il ne se séparait plus, comme pour ne plus avoir de contact direct avec les habitants de sa belle propriété. Ivan ne portait plus sa fille, tout comme il ne daignait plus sortir aussi souvent que par le passé. Il s’isolait doucement, gentiment, agissant comme un serpent qui se terre dans le giron et qu’on ne remarque que lorsqu’il mord.


Dans les larmes d'une femme, certains ne voient que de l'eau.

Une ou deux années passèrent, et la retraite du père fut accompagnée de l’indignation de l’enfant unique. Les portes de l’adolescence avaient donné à Klavdia un tout autre regard sur ses devoirs. Ses cours devenaient pesants pour la demoiselle qui n’avait plus envie de jouer les petites filles modèles. De plus, afin d’être sûr de l’occuper assez pour qu’elle n’ait pas le temps de retrouver ses amis en dehors des invitations officielles, de ne pas craindre qu’ils l’initient à la débauche et la rébellion, on avait ajouté deux disciplines à son emploi du temps : l’apprentissage du français et de l’anglais.

Malheureusement, qui dit adolescence dit changement. Le Comte, qui avait déjà raréfié les invités, durcit encore les règles en remarquant la poitrine grandissante et les hanches élargies de son enfant, agrémentées de ces détails si plaisants tels que les joues rosissantes et les lèvres charnues. Lui qui aurait dû se réjouir de voir le physique malingre de la demoiselle se transformer en un corps tout à fait agréable de jeune fille en fleur, prit peur. Non ! Jamais la chair de sa chair ne deviendrait concupiscente, à l’image de la Tsarine que les jeunettes se plaisaient tant à prendre pour exemple ! Plus un seul mot, plus un regard permis lors des dîners. Il allait même jusqu’à l’enfermer dans sa chambre en la disant souffrante, si un homme faisait parti du troupeau décadent et persiflant que forment les nobles. On racontait alors que la fille des Moroz, qu’on voyait si rarement, devait être bien malade, ou avoir des choses bien choquantes à dire, pour qu’on veuille la soustraire aux dîners mondains. Le Comte oubliait peu à peu que c’était un amour inconditionnel à l’origine de la vie austère de Klavdia, et non un besoin obsessionnel de la contrôler. L’âge de ce père autoritaire avait donné à sa peau, sous la barbe drue et noire qu’il portait, un aspect granuleux effrayant. Désormais, lorsqu’il parlait, sa voix monotone au rythme lent ressemblait aux prières d’un prêtre exécutant l’extrême-onction.

Ce père qu’elle avait tant aimé et que l’âge avait tant abîmé, elle le craignait des abysses les plus profonds de son âme.  Ô, Dieu tout puissant, qu’elle regrettait d’avoir survécu au rude hiver ! Etait-ce l’enfer ? De quoi la punissait-on ? N’était-elle pas sage, prude et obéissante ? Avait-elle déjà levé la voix, émis la moindre opinion malséante ? Pourquoi se sentait-elle si étouffée dans son corset de livres, à tel point que l’appréhension des leçons nouait son ventre chaque matin ?
Une fois seulement la jeune fille avait osé clamer sa détresse à sa mère. Son père la terrifiait trop. Un après-midi comme les autres, toutes deux assises dans de confortables fauteuils, occupées à lire, Klavdia interrompit soudainement sa lecture, et s’agenouilla aux pieds de la Comtesse. Désespérée, agrippée à la robe vaporeuse de la femme, elle balbutia :
« Oh maman, je suis si malheureuse ! »

Affreusement surprise, la génitrice lâcha son roman pour relever le menton frémissant de sa fille. Et d’une voix désagréablement calme elle répondit :
« Mais ma petite, Dieu vous a permis de vivre, alors soyez obéissante. Ne vous plaignez plus, car même si aujourd’hui vous êtes triste, vous vous habituerez ! »

A ces mots, la jeune fille n’eut qu’une seule pensée : elle haïssait Dieu autant qu’elle haïssait son père ! N’ayant d’autre choix, la demoiselle ravala ses larmes en se rasseyant, ouvrant son livre là où elle l’avait laissé, les mains tremblantes.


On tue le loup lorsqu'il nous manque une brebis.

Ainsi les jours se succédèrent dans la plus grande frustration pour Klavdia. Et l’état du Comte qui ne cessait de se dégrader, rendait la maison encore plus sinistre qu’elle ne l’avait été jusqu’ici. Mais un matin, alors que le valet de chambre venait servir son maître, il sortit de la chambre en courant, criant qu’Ivan ne se réveillait plus. On appela le médecin, qui passa à peine quelques minutes avec le défunt avant de poser son diagnostique. Il s’approcha de la veuve et de sa fille, et tout en se frottant la moustache, annonça froidement :
« Toutes mes condoléances, mesdames. Il semblerait que le Comte Moroz ait succombé à la terrible Syphilis. »

Il y eut quelques secondes de silence, avant que la Comtesse ne fonde en larmes. La jeune fille, malgré la haine qu’elle éprouvait pour son père, sentit un grand vide se creuser dans son être. Pourquoi les bons souvenirs ne surviennent que lorsqu’il est trop tard ?
Elle qui l’avait tant détesté durant ses dernières années de vie, l’aimait à nouveau dans la mort. On ne saura jamais si c’était réellement l’amour qui produisait ce manque, ou simplement la peur du changement soudain… Mais on peut être sûr qu’Ivan Moroz aura laissé après son départ une enfant démunie, se sentant abandonnée. Personne n’eut le courage de répondre à la demoiselle quand celle-ci demandait ce qu’était « la terrible Syphilis ».

Quelques semaines après le décès de son mari, la Comtesse, qui arpentait les couloirs de la maison comme un fantôme, ressentit le besoin de défouler la rancœur causée par la mort précipitée de son époux sur quelqu’un. Mais jamais elle n’aurait été inconvenante avec ses gens, qu’elle affectionnait beaucoup. Non, elle décida de prendre son enfant comme cible de sa colère. Et sans crier gare, la femme délaissée arriva devant sa fille en annonçant :
« Je n’en peux plus de vous voir triste. Vous le haïssiez, et votre hypocrisie m’insupporte ! De plus vous avez le même nez, tous les deux. Vous me le rappelez trop, et j’en souffre affreusement. C’est décidé, dans deux jours vous partirez pour l’Angleterre, chez un ami de votre défunt père. Je n’ai rien à ajouter. »

Et fière d’elle, elle s’en alla avec toute la raideur de sa démarche enseignée. Klavdia resta sans voix. Quelle hypocrisie ? On lui avait appris à ne pas laisser paraître une émotion gênante pour ses interlocuteurs, et il lui semblait masquer sa tristesse le mieux possible. D’ailleurs, ayant connaissance des rapports qu’entretenaient ses parents, on pouvait s’étonner de la réaction de la veuve. Mais ce qui alarmait la jeune fille était bien simple : elle ne connaissait rien d’autre que les manières de la vie en société, pas la vie en société elle-même ! Elle ne savait ni aborder une personne, ni prendre le bateau. Elle avait vu les servantes faire les achats au marché ou recevoir les colis, mais elle ne l’avait jamais fait ! Et qui était cet ami ? Elle ne l’avait jamais vu, peut-être était-il malade lui aussi, ou tout du moins tout aussi effrayant que le Comte ?
Les femmes de chambres firent les valises sans se poser davantage de questions ni donner de réponses. Il fallut dire adieu au personnel de la maison, aux professeurs, et à la Comtesse. On n’invita pas les amis si peu vus, on estima que ce n’était pas nécessaire, et l’on partagea le généreux héritage laissé par le défunt.

C’est ainsi, l’esprit pétri d’inquiétudes et les dents serrées par la rancœur d’être ainsi exilée, que Klavdia prit la mer pour un avenir dont elle ignorait tout, à l’aube de ses 18 ans…



Informations sur vous







Votre pseudo: Ham :3
Votre âge: 17 ans
Comment avez vous connu le forum ? En faisant la causette avec Niniak !
Avez vous des questions/suggestions ? Est-ce que vous êtes des gens gentils ? Parce que je constate que ma présentation est très longue, désolée >_<
Avez vous lu le règlement ?


Fiche By DREAMY on YEERAM
Merci de respecter notre travail


_________________


Dernière édition par Klavdia Moroz le Mer 23 Oct - 11:59, édité 2 fois
avatar
Colombe T. Descout

Messages : 18
Réputation : 2170
Date d'inscription : 05/09/2013
Age : 26
Localisation : "Les femmes de petites vertues se retrouvent nues dans les rues"

Qui suis-je ?
Rang:
Situation personnelle: Libertin(e)
Orientation sexuelle: Bisexuelle
MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée] Mar 22 Oct - 21:29
Bienvenue *^* Haaaa je suis fière de toi bébé ! Pour une première fiche of your life *^* [Par contre, je te conseille d'aérer la fiche en mettant un espace entre chaque paragraphe, que ça fasse moins "paquet" ^ ^ *-* ♥ Tu écris comme une déesse

_________________

« Cendre de lune, petite bulle d'écume
Poussée par le vent je brûle et je m'enrhume
Entre mes dunes, reposent mes infortunes
C'est nue que j'apprends la vertu»


(c) scorned.soul
avatar
Klavdia Moroz

Messages : 2
Réputation : 1430
Date d'inscription : 21/10/2013

MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée] Mer 23 Oct - 12:02
Voilà, c'est tout aéré maintenant ! \( 0 )/ Merci ma belle, ça me fait plaisir que tu sois contente de ton bébé !!

_________________
avatar
Juliette Chevalier
 

Messages : 129
Réputation : 2308
Date d'inscription : 05/09/2013
Age : 27
Localisation : déracinée

Qui suis-je ?
Rang: Marquis(e)
Situation personnelle: Célibataire
Orientation sexuelle: Hétérosexuelle
MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée] Mer 23 Oct - 12:34

    Bonjour et bienvenue parmi nous !

    Jolie fiche, très agréable à lire, plume fine. Et très bel avatar de surcroît.
    Si tu as la moindre question ou le moindre soucis, le staff est là pour te répondre.

    Je laisse le loisir et plaisir à Elise de faire la suite concernant ta fiche.

_________________
avatar
Élise de Constance

Messages : 69
Réputation : 2149
Date d'inscription : 15/07/2013
Age : 23

Qui suis-je ?
Rang: Souverain(e)
Situation personnelle: Marié(e) par alliance
Orientation sexuelle: Hétérosexuelle
MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée] Mer 4 Déc - 0:35
Bonsoir !!!

Je voulais savoir si tu étais toujours présente sur le forum que je sache si je dois me lancer à la lecture de ta fiche ~ Merci !
avatar
Colombe T. Descout

Messages : 18
Réputation : 2170
Date d'inscription : 05/09/2013
Age : 26
Localisation : "Les femmes de petites vertues se retrouvent nues dans les rues"

Qui suis-je ?
Rang:
Situation personnelle: Libertin(e)
Orientation sexuelle: Bisexuelle
MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée] Dim 15 Déc - 14:20
je viens juste prévenir que je vais lui demander si elle est toujours partante [Aux dernières nouvelles, elle avait hâte de pouvoir commencer, et disait que l'attente n'était pas un souci (étant en plein TM (il me semble que c'était TM >>)] Je lui dirai de passer faire un coucou si elle est partante et si elle ne l'est pas, de venir au moins prévenir ^ ^

[PS:  Je me permet de vous prévenir...vos boutons: Nouveau et Répondre sont inversés visiblement ><]

EDIT: Après avoir pris de ses nouvelles, elle me demande de l'excuser. Elle est toujours partante, mais en ce moment rencontre des soucis d'ordinateur. Elle repassera donc dés qu'elle le pourra, mais sa fiche peut-être lue ! ~

_________________

« Cendre de lune, petite bulle d'écume
Poussée par le vent je brûle et je m'enrhume
Entre mes dunes, reposent mes infortunes
C'est nue que j'apprends la vertu»


(c) scorned.soul
avatar
Juliette Chevalier
 

Messages : 129
Réputation : 2308
Date d'inscription : 05/09/2013
Age : 27
Localisation : déracinée

Qui suis-je ?
Rang: Marquis(e)
Situation personnelle: Célibataire
Orientation sexuelle: Hétérosexuelle
MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée] Mar 21 Jan - 21:31
Des nouvelles ?

_________________
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Klavdia Moroz [Terminée]

Klavdia Moroz [Terminée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Hermione Granger ( terminée)
» 101 TH AIRBORNE (Armée terminée en 1 semaine de quickpainting)
» Azur, adorable petite boule de poils bleue. (Terminé. )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
His Majesty :: Départ :: Registre d'état civil :: Présentations :: Présentations en Attente-